Récit d’un festival où la musique guérit et unit les âmes

Un soir de juin pas comme les autres



Mois de juin, il fait beau à Essaouira, la vie y est paisible et douce. Nous venons de reprendre la gestion d’un hôtel de charme, le Riad Eucalyptus, et donc plutôt occupé. Mais pour se changer les idées, on aime venir faire notre petit tour sur la plage et dans la Médina (lien vers article ballade médina) , juste envie d’un peu de vent, d’un peu d’océan, d’un peu de cette lumière douce au coucher du soleil.
Ce jour du mois de juin, en arrivant, quelque chose de particulier flottait dans l’air. Plus de monde que d’habitude. Des gens qui portaient des instruments dans la rue. Des vendeurs de tee-shirts noirs. Et ce son… ce poum-tchakacotchak ancestral qui vibrait à travers les murs de la médina. Le festival Gnaoua Essaouira avait commencé.

La ville se pare de ses habits de fête



Essaouira est déjà une ville festive, avec des spectacles réguliers de musiques gnaoua et bien d’autres, et de nombreuses soirées dans les restaurants et bars.
Mais là, c’est autre chose. C’est l’événement culturel à Essaouira de l’année. Deux grandes scènes, une sur la plage et une sur le port, que ne renieraient pas les grands festivals européens, annoncent la couleur. Ce n’est pas une fête de village, c’est un festival international, qui attire des Américains en quête de groove, des Parisiens en quête de lâcher-prise, des Marocains venus de Casablanca ou du Bled et surement pleins d’autres, un joyeux mélange, tous là pour la même raison : vibrer ensemble et faire la fête.
C’est un chaos joyeux. Et une harmonie inattendue qui fait du bien. Essaouira est une ville cosmopolite, qui cultive sa tolérance aux autres.

La puissance des Maâlems Gnaoua



J’écoute souvent de la musique africaine, j’aime le rythme et l’ancrage culturel. La musique Gnaoua, ce n’est pas un style, c’est un souffle. Une transe. Une cérémonie. Ça s’écoute autant que ça se regarde. Quand les Maâlems se mettent à chanter et à danser dans leurs habits de lumière, il se passe quelque chose. Le rythme est ancestral, mais l’énergie est furieusement actuelle. Ça tape au cœur, et la foule vibre et danse. Les marocains sont imprégnés de cette musique qui les met en transe, dans une énergie communicative, qui entraine tous les festivaliers. C’est beau à voir un peuple fier de sa culture qui la vit dans ses tripes et aime la partager aux autres.


Et quand, sur la scène de la place Moulay Hassan, un percussionniste de Brooklyn commence à dialoguer avec un maître gnaoua, tu comprends ce que veut dire fusion. Ce n’est pas un effet de langage. C’est profond, musicalement riche, une vraie rencontre des mondes.

Des afters jusqu’au bout de la nuit



Quand les grandes scènes s’éteignent, Essaouira ne dort pas. C’est là que commence le festival des afters.
On découvre l’autre visage de la ville, plus secret, plus éclectique, qui ne surprendra pas les habitués. Des DJs ou des musiciens posent leurs sons dans des Riads, dans des cafés, dans des restos qui deviennent clubs ou scène musicales pour une nuit. On y croise des Maâlems qui ont troqué leurs costumes traditionnels pour des baskets fluo, mais le guembri n’est jamais loin qui rencontre quelquefois un musicien de jazz ou de blues, voir de reggae.
Je me souviens d’une soirée où un set d’afro-house a été interrompu par un vieil homme qui a commencé à danser, les bras au ciel. Tout le monde s’est arrêté. Alexandrie Alexandra de Claude François peut aller se rhabiller.

Essaouira, ville artistique toute l’année



Ce festival n’est pas une parenthèse. Il est l’expression naturelle de la ville.
Essaouira est un endroit où l’art n’est pas une promesse de carte postale. C’est ancré, toute l’année aussi bien dans de nombreuses galeries que dans des soirées ou des concerts. Ici, les artistes ne posent pas. Ils vivent. Ils partagent. Ils créent. C’est vraiment intergénérationnel, au moindre son gnaoua dans n restarants, les marocains tapent dans les mains et suivent le rythme avec leur corps ; invitation pour nous à rentrer dans cette musique
Et même si tu ne comprends pas toutes les paroles, tu ressens.


C’est ce que j’aime dans ce festival : il te dépasse, il t’englobe, il ne t’exclut jamais.

Et la musique Gnaoua au Riad Eucalyptus ?



Quand nous privatisons le Riad Eucalyptus Ethnic hôtel pour des fêtes d’anniversaire ou des séminaires, la culture Berbère est mise à l’honneur. On commence la soirée avec des plats de fête au Maroc : briouates, cigare de chèvre, Zaalook, mezze marocains…
Et au bon moment, on ouvre les portes du jardin façonné dans l’esprit beldi, les Gnaoua arrivent et entrainent le groupe pour danser. Ça met un gros coup de boost dans la soirée, et s’il le faut, notre personnel entraine les invités. C’est leur culture, ils adorent la partager. Souvenirs assurés.

La soirée continue avec le Méchoui : on va choisir et acheter le mouton au souk deux jours avant, il est préparé au Riad et cuit lentement pendant plusieurs heures dans notre four Berbère traditionnel construit dans le jardin avec des pierres et un torchis d’argile blanche.
Pour finir, on apporte le gâteau avec un cracheur de feu.


Hotel de charme Riad Eucalyptus Ethnic Hotel, une porte ouverte sur le Maroc