La colline des potiers à Safi
la vaisselle artisanale de notre boutique hôtel à Essaouira
Sur la route de safi
Au Maroc, le repas se fait autour d’un plat posé au centre de la table, tout le monde qui se sert, le pain à la main à la place de la fourchette… Les assiettes individuelles n’ont jamais été une évidence ici.
Et pourtant, pour notre boutique hôtel Riad Eucalyptus à Essaouira , il nous fallait de belles assiettes. Quelque chose de brut, d’authentique, et de beau. Alors, Monsef et Abdou nous ont dit : “Allez à Safi. C’est là que bat le cœur de la poterie marocaine.”
Une route sauvage jusqu’à la capitale de la poterie
Un matin, on a quitté Essaouira par la côte. Prenez cette route si vous y allez, c’est une merveille : falaises, criques oubliées, villages assoupis sous le soleil, chèvres en liberté. Si vous avez l’âme un peu vagabonde, arrêtez-vous dans une échoppe de bord de route pour un thé ou un tajine.
Plusieurs de nos hôtes du Riad Eucalyptus l’ont prise sur nos conseils. Ils sont revenus les yeux brillants, et des épices plein les poches.
Safi, colline des potiers
Safi n’est pas une ville de carte postale. Pas de riads instagrammables ici, ni de médina en carte couleur.
Mais grimpez la colline des potiers, et vous entrez dans un autre monde.
En bas, les boutiques exposent leurs créations. Céramique brute, pièces modernes, plats traditionnels peints à la main… Il y a de tout, du plus discret au plus flamboyant.
Notre conseil : prenez le temps, discutez. Laissez-vous aborder. Un homme s’approchera, toujours avec gentillesse, et vous invitera à visiter “l’atelier de son oncle”. Que ce soit vrai ou pas, dites oui. C’est là que l’aventure commence.
L’atelier, ou l’argile devient histoire
On pousse une vieille porte en bois. Sol en terre battue, murs noircis, lumière crue filtrée par un toit en tôle. Dans la cour, un homme malaxe l’argile dans un bac en ciment. Il l’arrose, la pétrit comme une pâte à pain, puis l’étale au soleil. On découpe cette matière vivante en blocs que les potiers viendront tourner, un à un.
Plus loin, dans une pièce sombre, un vieil homme fait danser ses mains sur le tour. Il ne parle pas. Il travaille. Et sous nos yeux, un bloc de terre devient une tasse, un bol, une assiette.
C’est poussiéreux, chaotique, mais magnifique. Un décor à la Zola, vibrant d’humanité et de silence utile.
Le temps suspendu
Là, on ne négocie pas. On regarde, on touche, on échange des sourires.
Et peu à peu, au milieu des étagères branlantes, on reconnaît “nos” assiettes. Simples, imparfaites, vraies. Des pièces qui ont quelque chose de vécu.
Un artisan nous glisse discrètement : “On peut faire une série spéciale pour vous. Avec votre nom. On vous fait un prototype.”
Et voilà. C’est comme ça qu’est née la vaisselle de notre hôtel de charme, le Riad Eucalyptus, celle dans laquelle vous mangerez peut-être demain une pastilla ou un msemen au miel. Chaque pièce raconte un morceau de cette journée.
Le goût pour le "beau"
On est repartis avec des caisses pleines de vaisselle, mais surtout avec le souvenir d’un lieu hors du temps, de gestes ancestraux, de poussière et de feu.
Un artisanat sans fard, sans folklore, qui continue d’exister parce que des mains le répètent, chaque jour.
Si vous passez nous voir à Essaouira, on vous donnera l’adresse.
Et mieux, si vous dormez chez nous, vous découvrirez cette vaisselle artisanale dans notre restaurant , autour d’un petit-déjeuner ou d'un diner servi dans le jardin ou près de la piscine du Riad Eucalyptus.