Immersion dans la campagne d’Essaouira en moto électrique
Découvrir la campagne d’Essaouira autrement
Une balade en moto électrique au cœur du Maroc rural
C’est ce qui nous a séduit dans la proposition de Lou Ride. Vivre une activité insolite à Essaouira et être plus dans le voyage que dans le tourisme, où on prend le temps d’observer, de rencontrer, de s’assoir avec les habitants.
La rencontre
Prise en main de la moto électrique
L’arganier, arbre emblématique de la région d’Essaouira
L’arganier est l’arbre emblématique d’Essaouira. C’est une espèce endémique adaptée aux régions où règne la sécheresse. Ses racines peuvent plonger jusqu’à plus de 30 mètres dans le sol, pour aller chercher les moindres traces d’eau. De nombreuses coopératives de femmes sont présentes sur le territoire d’Essaouira et produisent la fameuse huile d’Argan qui sert soit pour la cuisine, soit, mieux, pour la cosmétique, cette huile ayant des vertus reconnues. Il y a de nombreuses boutiques de coopératives dans la médina, il est donc facile de s’en procurer. Par contre, si à Marrakech, on veut vous vendre de l’huile d’Argan de Marrakech, fuyez, ça n’existe pas, l’Arganier n’étant présent que dans le sud-ouest du Maroc.
L’arrêt sous un arganier était donc important, mais comme Lou ne fait rien au hasard, il choisit le plus vieux, soit un superbe arbre de 400 ans. Je lui laisse vous raconter de belles anecdotes autour de cet arbre, il le fait mieux que moi.
Le souk et la vie quotidienne dans les villages
Le parking des ânes n’est pas l’endroit où l’on parque les mauvais élèves. L’âne est encore très présent dans les campagnes marocaines et est utilisé comme moyen de transport pour les personnes ou les marchandises.
Dans notre périple, nous traversons une petite ville au bord de la route nationale, où se regroupent les habitants venus à dos d’âne des campagnes environnantes. Ils parquent les ânes sur un bout de terrain, qui en profitent pour brouter tranquillement. Lou nous dit qu’il peut y en avoir une quarantaine. L’explication est simple. Les habitants descendent de la campagne en âne. Ils le laissent à l’endroit convenu, ils font du « stop » pour aller au souk, qui est le marché local, à plusieurs kilomètres. L’auto stop marche très bien au Maroc, pas besoin d’appli, il y a une grande solidarité entre les habitants. Ils font leurs courses de produits frais et de légumes, reviennent au point de parking des ânes en stop, retrouve leur animal et repartent rejoindre leur maison dans les villages reculés. Les seules épiceries que l’on trouve dans ces villages vendent les produits secs comme la farine, la semoule, l’huile, les produits ménagers. Pour les frais, il faut aller au souk, ce qui demande toute une organisation. Mais c’est aussi le moment de se retrouver, de boire le thé entre amis… Cette anecdote racontée, nous voilà repartis sur nos motos électriques.
Rencontre fortuite d’une famille marocaine dans l’arrière-pays d’Essaouira
À la rencontre du berger
Forcément, quand vous vous déplacez dans la campagne d’Essaouira, vous croisez des troupeaux de chèvres et de moutons, à la recherche de nourriture. Plus rarement des dromadaires. Comme c’est très bien organisé, nous avons eu droit à tout. C’est toujours un moment sympa de se retrouver au milieu des chèvres, et j’ai retrouvé avec plaisir mes amis dromadaires que j’avais bien connus au cours de mon trek dans le désert
Lou a profité de cette pause pour raconter la vie des bergers, expliquer pourquoi elles grimpent dans les arbres, le choix des zones de pâturage, la valeur d’un mouton, d’un dromadaire. C’est une vie simple, mais avec beaucoup de liberté. Avec ce travail, le berger arrive à faire vivre 7 personnes. Il avait gardé du vieux pain, et nous avons sacrifié à la tradition de donner à manger aux bêtes. Plaisir simple mais rare.
Arrivée chez l’épicier du bled marocain
L’épicier a une place particulière dans les villages. Celui que nous rencontrons est installé dans sa maison Beldi, où les pièces sont construites autour d’une cour intérieure, les fenêtres tournées vers l’intérieur. C’est un style très brut, très simple et en même temps très « protégé ». Une pièce de 5 m², qui donne sur le sas d’entrée de la maison, sert d’épicerie. Ce n’est pas l’épicerie à la française où on se sert et on passe à la caisse.
Le client parle à l’épicier à travers une ouverture dans le mur, et lui, dans son réduit où s’entassent sur des étagères les produits de première nécessité, sert le client suivant ses demandes. Au premier regard, on pense qu’il n’y a pas grand-chose, mais il y a l’essentiel pour vivre sereinement.
LA SOLIDARITÉ MAROCAINE
L’épicier est aussi un régulateur qui sait faire crédit le temps que le berger ou le paysan ramène des sous de son travail du fait de la saisonnalité. Cet équilibre noue des liens sociaux forts dans la communauté villageoise. Cette solidarité est une des choses qui nous a le plus interpellé dans la vie marocaine.
La descente vers la plage de Sidi Kaouki au coucher du soleil
La journée est déjà très riche, mais le final est une apothéose. À la sortie de chez l’épicier, après quelques détours dans le village et ses alentours, au détour d’un virage, c’est la vue, plongeante, magnifique, sur l’océan doré par la couleur du soleil couchant. Arrêt pour admirer un spectacle dont on ne se lasse pas.
On descend pour rejoindre le parking de la plage de Sidi Kaouki, et on roule sur la plage, dans un grand moment d’ivresse et de liberté. Je rêve de pouvoir faire du galop sur un cheval le long de la plage au soleil couchant. En attendant, avec cette superbe moto électrique, je ressens les vibrations d’une connexion très forte avec cet environnement maritime qui m’est cher. Plus qu’une activité insolite à Essaouira, un super final.
Mes impressions
Avec ce que propose Lou, on est plus dans le voyage, dans la vraie rencontre avec les Marocains ; on apprend à connaître leur mode de vie. Ça dure une demi-journée, le temps de s’immerger dans un autre monde et un autre temps. À faire absolument si on a envie de connaître et comprendre un Maroc plus profond.
C’est exactement ce genre d’expériences que nous aimons partager avec nos hôtes au Riad Eucalyptus Ethnic hôtel : sortir des sentiers battus, et revenir le soir dans un hôtel de charme qui respire le Maroc profond.